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Pourquoi la maîtrise technique limite le leadership des dirigeants

Saviez-vous que 60 % des nouveaux managers échouent au cours des 24 premiers mois parce qu’ils ne parviennent pas à passer du statut de « celui qui fait » à celui de « celui qui dirige » ? Ce chiffre met en lumière un paradoxe majeur : la maîtrise technique qui a favorisé votre ascension est souvent celle qui freine votre impact une fois au sommet.

En tant qu’ingénieur senior ayant vécu cette transition de l’intérieur, j’ai vu des experts brillants s’épuiser à vouloir rester les meilleurs techniciens de leur équipe, sacrifiant ainsi leur véritable rôle de visionnaire. Aujourd’hui, nous allons analyser ce mécanisme et découvrir comment le dépasser pour devenir un leader plus efficace.

le paradoxe de l’expert : quand le savoir devient un frein :

l’excellence opérationnelle est souvent le sésame pour accéder à des postes de direction. pourtant, une fois aux commandes, cette même excellence peut se transformer en prison. c’est ce qu’on appelle la « zone de confort technique ».

il est rassurant de manipuler des chiffres ou des processus car le résultat est tangible. cependant, il existe une différence fondamentale entre l’autorité de compétence (je sais faire) et l’autorité de leadership (je sais faire faire). pour grandir, le dirigeant doit accepter de se détacher de l’opérationnel pour embrasser l’humain.

les signes cliniques du leader-technicien :

comment savoir si vous êtes tombé dans ce piège ? voici quelques symptômes courants :

  • le micromanagement : vous intervenez sans cesse car vous estimez que « cela ira plus vite si je m’en occupe ».
  • le goulot d’étranglement : toutes les décisions techniques doivent passer par vous, ce qui paralyse l’agilité de votre équipe.
  • l’épuisement professionnel : vous cumulez votre rôle de dirigeant et vos anciennes tâches d’expert, finissant vos journées dans un état de fatigue extrême.
  • la démotivation des collaborateurs : votre équipe se sent dépossédée de ses responsabilités. en analyse transactionnelle, cela s’apparente à une relation parent-enfant qui empêche l’autonomie.

pourquoi votre cerveau s’accroche à la technique :

grâce aux neurosciences et à la pnl (programmation neuro-linguistique), nous comprenons mieux ce blocage. résoudre un problème technique libère de la dopamine, offrant une satisfaction immédiate. le leadership, lui, demande de la patience et offre des résultats moins palpables au quotidien.

de plus, la peur de l’imposteur surgit souvent : « si je ne suis plus l’expert, quelle est ma valeur ? » souvenez-vous d’un principe clé de la pnl : la carte n’est pas le territoire. votre expertise technique n’est qu’une infime partie de la réalité de votre rôle de leader.

5 stratégies pour transformer votre posture :

pour passer du statut de technicien à celui de leader-coach, voici des pistes concrètes issues de mon expérience :

  1. la règle du 80/20 : efforcez-vous de consacrer 80 % de votre temps à la stratégie et à l’humain, et seulement 20 % aux dossiers techniques.
  2. le questionnement puissant : au lieu d’apporter la solution, demandez : « quelles sont les options que tu envisages ? » pour faire grandir vos collaborateurs.
  3. le feedback de développement : ne visez plus la perfection immédiate du dossier, mais la progression de celui qui le traite.
  4. la gestion intérieure avec le peat : utilisez des méthodes comme le peat pour apaiser l’anxiété liée au lâcher-prise et unifier vos identités d’expert et de leader.
  5. le coaching de dirigeant : un accompagnement ciblé permet de déconstruire les croyances limitantes qui vous maintiennent dans l’exécution.

conclusion : oser le lâcher-prise

En résumé, votre maîtrise technique a été votre tremplin et a sans doute joué un rôle essentiel dans votre ascension professionnelle. Cependant, elle ne doit pas se transformer en plafond de verre qui limite votre impact en tant que leader. Le véritable leadership ne consiste pas à être la personne la plus intelligente ou la plus compétente techniquement dans la pièce. Il s’agit plutôt de créer les conditions pour que les autres puissent exprimer pleinement leur potentiel, prendre des initiatives et contribuer à la vision collective. Un leader efficace sait déléguer, inspirer et guider, transformant son équipe en un véritable moteur de performance durable, où chacun se sent valorisé et responsabilisé.